Elektrine lite

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@kildir@eldritch.cafe

2026-03-29 10:43 UTC

VIKINGUR ET LES AUTRES J’écoute de la musique tous les jours. Comme en poésie, j’ai fait quelques rencontres marquantes, et j’ai pas mal d’angles morts. Mes connaissances sont lacunaires. Elles me le semblent d’autant plus que je découvre au fil des ans l’étendue vertigineuse de ce qu’on appelle « la musique ». J’ai défriché un petit territoire hospitalier au fil d’un parcours assez ordinaire, je crois, mêlant papillonnage et périodes obsessionnelles. Au fil des ans je commence à entrevoir ce qui me touche dans les propositions artistiques, et ce qui me rebute – je me méfie des postures, des modes, des icônes intouchables et de tout ce que la bourgeoisie (même « de gauche ») porte aux nues. S’il fallait étaler tout ce qui compose ma culture musicale pour en proposer un classement, on pourrait évidemment privilégier une approche par genre : beaucoup de musiques dites traditionnelles, européennes (Auvergne, Bretagne, Irlande, Suède), extra-européennes, parfois découvertes via la mal nommée world music, parfois cueillies à la source, du jazz classique et contemporain, de la musique dite classique : baroque, romantique, impressionniste, de la folk song, du rock, de la pop, de la chanson (très peu). Comme toujours, classer fait du bien – avant de se rendre compte que tout est mélangé, certaines choses se recoupent et naviguent d’une case à l’autre avec effronterie. On pourrait aussi, et ce serait pertinent, envisager un classement par spectre sonore : majorité d’orchestration minimaliste, faible marqué pour les duos et solos. Un tri par instrument, par timbre est aussi éclairant : passion pour les cornemuses dans leur diversité, le piano, les cordes frottées. J’aime aussi l’approche atmosphérique : musique introspective, musique à danser, musique à brailler dans la salle de bain. Enfin, l’approche synchronique : famille peu mélomane, mais Brassens / Brel / Ferré comme beaucoup de familles de mon milieu, apprentissage précoce du piano à ma demande mais peu encouragé et abandonné tôt, conformisme et exposition aux succès commerciaux à l’adolescence, orientation vers le rock et la folk song, épiphanie à la découverte des musiques traditionnelles, exploration timide au début, puis plus assurée, de la musique classique depuis quelques années. Ces différentes façons de ranger les musiques qui me nourrissent depuis l’enfance permettent d’opérer des rapprochements qui soulignent des parentés insoupçonnées et éclairent rétrospectivement mes préférences. Cette longue introduction pour vous parler de ma dernière obsession en date : Vikingur Ólafsson. 1/2

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