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[Cadmium - suite]
✅ 1) Abaisser immédiatement le seuil réglementaire à 20 mg de cadmium par kilo d'engrais phosphaté
Une telle disposition était prévue en 2023, pour se mettre en conformité avec le Code rural qui impose d'adapter les seuils réglementaires aux informations sanitaires les plus récentes. Mais pour une raison jamais explicitée, l'arrêté et le décret qui avaient été préparés n'ont toujours pas été publiés. En 2025, l'association @agirpourlenvironnement@ecologie.social a saisi le Conseil d'État + le tribunal de Paris pour faire respecter cette obligation, le jugement est en attente.
À défaut de cette voie réglementaire, le député-paysan Benoît Biteau souhaitait défendre le 12 février une "proposition de loi" pour interdire les engrais phosphatés contenant plus de 20 mg de cadmium, mais l'agenda parlementaire n'a pas permis son examen (ses collègues n'ayant pas jugé ce sujet prioritaire dans l'ordre du jour).
✅ 2) Mettre en œuvre des alternatives techniques aux engrais phosphatés
La manière la plus simple d'abaisser le flux de cadmium dans les sols agricoles en-dessous de 2 g par hectare et par an est de… cesser d'apporter des engrais phosphatés C'est l'autre grande préconisation de l'ANSES. Et ça tombe bien : les alternatives sont non seulement connues mais également pratiquées avec succès depuis des décennies par les agriculteurs biologiques.
Dans le monde entier, des millions de paysan·ne·s biologiques démontrent qu'il est possible de gérer la fertilité des sols sans apporter d'engrais phosphatés. Comment ?
👉 En diversifiant la rotation des cultures pour introduire des plantes qui favorisent la mycorhize et permettent de mobiliser le phosphore du sol dit "bloqué" (lupin blanc, sarrasin…).
👉 En bouclant le cycle du phosphore par des apports de compost et de fumier issus d'élevages herbagers de taille modeste imbriqués dans les régions de culture (à grande échelle, cette pratique suppose de mettre fin à l'élevage industriel qui détourne des aliments et donc qui gaspille du phosphore pour fertiliser des cultures consommées par les animaux ; seul est cohérent l'élevage nourri à l'herbe ou par des sous-produits de triage et des déchets de maraîchage).
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Replies (1)
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[Cadmium - fin]
Il y a vraiment urgence à agir, car :
👉 la contamination par le cadmium est généralisée dans la population française et dans les aliments disponibles en France (une série d'analyses réalisées en 2025 par @agirpourlenvironnement@ecologie.social confirme la présence de cadmium dans la totalité des biscuits, brioches, farines, pain à burgers… vendus en France),
https://www.agirpourlenvironnement.org/publications/cadmium-partout-reglementation-nulle-part/
👉 elle augmente d'année en année selon l'ANSES.
Ce dossier est un cas d'école de sujet "à long terme" qui impose une action urgente : c'est précisément parce que décontaminer les sols agricoles va prendre du temps qu'il faut commencer IMMÉDIATEMENT à enrayer les tendances.
À ce titre, le cas de l'agriculture biologique est archétypal.
D'une part, il peut évidemment y avoir du cadmium dans des aliments bio, car les sols produisant en bio aujourd'hui ont été contaminés par des engrais phosphatés par le passé 😬… mais globalement une consommation bio permet de réduire l'exposition moyenne au cadmium puisqu'une partie des aliments bio proviennent de fermes ayant changé de pratique depuis déjà une ou deux décennies et donc déjà réduit leur contamination.
D'autre part, l'ANSES souligne que l'unique solution pour réduire l'exposition est de cesser au plus vite d'apporter du cadmium dans les sols agricoles, et c'est exactement ce que permet l'agriculture biologique. Convertir les terres en bio est très précisément la manière la plus efficace de mettre en œuvre les recommandations apportées par l'ANSES.
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